Comment tu vas, pour vrai?

 


C’était quand la dernière fois qu’on t’a demandé comment tu allais? Pas l’espèce de « Ça va toi? » lancer entre deux portes ou juste avant que la personne entame un monologue sur ce qui ne va pas dans sa vie.


C’est sûrement la grisaille d’automne, les premières neiges ou la distanciation sociale qui commence à faire son œuvre, mais aujourd’hui, t’aimerais ça qu’on te demande comment tu vas? 


Comment tu vas, pour vrai?


C’est ça le problème. Les personnes fortes, celles avec un grand sourire scotcher au visage en permanence, on oublie qu’elles peuvent mal aller. 

On les vois, se donner corps et âme pour prendre soin des autres. On les vois, donner de l’amour, faire des pep talks, réconforter... si y feelaient pas tant bien, on le verrais. Elles sont là avec leurs 1001 projets, qu’elles mènent comme des championnes. Mais si c’est 1001 projets c’était juste une façon de s’étourdir, une espèce de fuite de la réalité, une façon de ne pas avoir un moment vide à trop penser. Et si derrière leur grands sourires se cachaient des larmes retenues beaucoup trop longtemps. Et si derrière leurs yeux remplis d’espoir se cachaient la douleur de toutes ces larmes déversées dans une oreiller alors que la solitude les rattrape.


Je te vois, avoir envie de crier à la terre entière que c’est rough. Je le vois dans ta façon de tortiller tes cheveux, de mordre tes lèvres, de jouer avec tes doigts, j’le vois qu’aujourd’hui ça va pas. J’te vois avoir envie de te justifier, de le crier que même si tu as une vie de rêve digne d’instagram, t’a un mal-être qui t’habite pis qui ne veut juste pas te quitter. Mais t’as pas envie de te lancer dans un descriptif de pourquoi c’est rough, parce que des fois tu ne le sais même pas. Pis tsé, pluger dans une phrase qu’aujourd’hui t’avais envie de te jeter en avant d’un train, c’est peut-être pas exactement la bonne expression à utiliser. 


Donc, au final, tu dis juste rien.


Parce que c’est aussi ça le problème. Les personnes fortes, elles ne veulent pas toujours parler du premier coup. Ça prend quelqu’un capable de lire dans leurs âmes et poser la question “Comment tu vas, pour vrai?”. Et ça c’est rare. Ça prend des âmes patientes pour creuser au fond d’un tout va bien qui à l’air beaucoup trop sincère.


Génération de me, myself and I, et les yeux dans son cellulaire, on n’a pas vraiment le temps pour les problèmes du monde. Donc, si tu ne cris pas à tue-tête ton grand désarroi, y’a ben des chances que jamais les yeux ne se lèvent vers toi. Et justement, cellulaire, cette source qui vend du rêve à grand coup de publication Médias sociaux et de quotes up la vie! Comment hurler que t’a mal entre deux post qui mettent de l’avant ton grand sourire. Mais de mettre une photo de toi qui braille, ça va susciter des réactions, surement pas les bonnes toutefois. 


Alors, tu fais quoi?


Tu restes la en silence, à secrètement espérer qu’une personne y voit plus loin, a secrètement espérer qu’on prenne soin de toi. 


Alors, tu fais quoi?


Tu te la fermes et tu te couches, tout le monde le sais que tu seras forte demain matin. 

En attendant, braille une coupe de larmes en silence sur ton oreiller. 


Comments

Popular Posts