Petit coeur en construction



Et tu arrives, dans ce timing de la vie, dans mon chaos, dans mon impasse, ma reconstruction. 

Moi qui avais fermé mon cœur temporairement. 


Une zone de construction devant laquelle on dépose quelques cônes et une affiche détour. 

« Fermeture pour maintenance » 

Jusqu’à toi, j’avais été capable de bien rediriger les aventuriers téméraires. Et ce, avant même qu’ils ne s’avancent trop sur le chantier de ma reconstruction émotionnelle. Pas trop dur de les décourager, ajoute un petit panneau « single mom », un « en procès contre mon ex » et finis ça avec « j’suis encore Post-Trauma d'une relation toxique »... personne n’ose s’y aventurer.


Mais toi, toi, tu es entrée dans le chantier sans même lire la signalisation et moi, je n’ai pas eu envie de te signaler de virer de bord. 


Sauf que parfois, quand la route est un peu tout croche, mon petit cœur se demande est-ce que j’aurais dû te le signaler davantage que la zone de construction serait peut-être plus rough que tu l’envisageais


Alors, aujourd’hui puisque la route est un peu plus difficile, voici ce que j’aurais peut-être dû te dire le jour où tu as franchi l’entrée de ma zone de construction. 


J’ai peur d’aimer. 

J’ai peur d’être aimée. 

J’ai peur d’avoir mal. 

J’ai peur de te faire mal.

J’ai peur d’être vulnérable.

J’ai peur de ne pas être assez.

J’ai peur d’être trop...


Ma liste de peurs est si longue que j’ai peur que de l’écrire au complet... ça te fasse peur. 


Mais j’ai surtout peur de « t’aimer mal ». De t’aimer avec mes insécurités et mes blessures. De transposer dans notre histoire des douleurs d’un passé encore trop présent. J’ai peur de t’aimer maladroitement, d’être parfois distante et parfois d’être trop accaparante. J’ai peur de ne pas être assez, pas assez belle, pas assez bonne... overall pas assez. Mais, j’ai aussi peur d’être trop. Trop émotive, trop blessée, trop insécure, trop toute. Alors, j’ai peur de t’aimer de façon censurée, de t’offrir une version de moi calculée au quart de tour, une version « fictive » de qui je suis vraiment. Parce qu’en vrai, j’ai peur que tu n’aimes pas celle que je suis. 


Puis, j’ai peur d’avoir peur de te perdre. Parce que quand on a peur de perdre quelqu’un , on a tendance à tenter de le garder de toutes nos forces, mais en bout de ligne, on a aucun contrôle sur sa volonté à rester. 


Mais ma plus grande peur c’est qu’il ait eu raison. C’est de ne pas mériter d’être aimée. C’est de t’entendre dire que malgré l’amour que tu as pour moi, c’est trop difficile de m’accompagner dans cette reconstruction. Ou encore de t’entendre dire que ce mode de vie c’est trop rough, qu’une single mom finalement c’est ben cute en théorie mais qu’en pratique c’est lourd. En plus d’être une single mom, j’ai bien des blessures qui risquent de prendre une vie à « patcher » et une vie à attendre que la route soit smooth, ben pour certain c’est inconcevable. Overall, j’ai peur que tu finisses par trouver ça lourd une reconstruction, parce que oui ce l’est et je le sais qu’en bout de ligne je ne pourrai pas t’en vouloir d’avoir envie d’une belle route pavée et sans nid de poule.


Mais, dans tout ça y’a aussi du beau. Je peux te dire que dans mon petit coeur y'a autant d'amour pour toi que y'a de nid de poule. Que ça va être un amour authentique, pas de game, un amour vrai, comme il se fait rare. Et que même si parfois, je t’aimerai maladroitement, tous mes sentiments envers toi viendront directement du plus profond de mon être, parce qu’aimer à moitié je n’ai plus le temps pour ça. Et encore plus beau, je serai à tes côtés, pendant les bons moments, et les moins bons aussi... parce que je sais que ça fait partie de la vie. Et si tu restes à mes côtés pendant que je reconstruis mon chemin, je te promets qu’il nous mènera à de magnifiques endroits, des destinations pleines d’amour, de respect et de soutien. 


Parce que toi et moi on le sait que les petits chemins cahoteux de campagnes ont souvent de bien plus beaux paysages que les autoroutes, right?


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