Une femme à la fois

Cette semaine, c’est la semaine de sensibilisation aux troubles alimentaires! 
Je me suis dis que c’est un bon moment pour partager mon histoire! 

Comme plusieurs d’entre vous le savent, je suis photographe depuis plusieurs années. 
Cette année, j’ai lancé un forfait qui me tiens énormément à cœur, les séances Bien-être. 
Des séances photos qui permettent aux femmes de faire la paix avec leur image, avec leur corps. Des séances qui permettent à ces femmes de repousser leurs limites, et à voir leur beauté inside/out! Certaines font la séance complètement vêtu, d’autre y vont pour de la lingerie ou du semi-nue. Le but est de célébrer la beauté authentique de chacune de ces femmes. 

Pourquoi?

Du plus loin que je puisse me rappeler, j’ai toujours été préoccupée par mon poids, mon apparence. J’aimais être la plus petite du groupe, j’aimais qu’on me dise que j’étais légère, délicate. Mon histoire de trouble alimentaire remonte très loin, j’avais 11 ans lors de mon premier régime. Cela s’est installé tout doucement, une petite étape à la fois. Puis, à 16 ans, je me pesais plus de 20 fois par jour. Me privant de nourriture si le chiffre augmentait pendant la journée. J’avais passer de 120lbrs à 90lbrs en moins d’un an. Le zéro était trop grand, ma poitrine avait complètement disparu, passant d’un D à un A. Fatigue chronique, perte de conscience, déshydratation, exercice excessif jusqu’à en être malade. Puis, j’ai eu la chance d’avoir une belle-maman infirmière qui a réussi à m’obtenir les soins nécessaires avant l’âge adulte. À 17-18 ans, j’arrivais à tolérer un poids de 105. Malgré le fait que ce poids était pour moi encore trop bas, je n’arrivais pas à m’autoriser à le dépasser. Si ce poids était atteint, le cycle recommençait. Malgré que ce trouble n’avait plus autant d’emprise sur moi, il était toujours en background, comme une petite voix me rappelant que si je dépassais ce nombre ma vie serait complètement hors de contrôle. J’ai réussi à retrouver un semblant de fonctionnement normal de 18 à 20 ans. Ensuite, ma première grossesse a été une épreuve en soi, voir mon corps grossir, mon ventre s’arrondir… après ma grossesse je suis arrivée à tolérer 110lbrs, après le deuxième bébé 115. Un brin d’espoir, d’une vie normale. Un espoir bien fragile. 
Malheureusement, suite à une situation bien particulière, à l’âge de 28 ans, j’ai subi un choc post traumatique et j’ai eu une rechute très difficile perdant plus de 25 lbrs en 1 mois… et me laissant avec un estime de moi-même quasi nul. 
Retour en thérapie… mais ce n’était toujours pas suffisant. J’avais besoin de me trouver belle, de photographier mon corps, de le voir différemment que dans le miroir non-flatteur de la salle de bain. 

C’est à ce moment, que j’ai commencé mes séries d’auto-portrait. Grâce à celles-ci, j’arrivais à me voir autrement, à aimer ce que je voyais. J’ai photographier mon corps pendant tout le processus de la reprise de poids et encore aujourd’hui je photographie mon corps plusieurs fois par mois. Je prend le temps d’élaborer des concepts, de choisir la bonne lumière, je prend le temps de créer. Mes photos en sous-vêtements ont d’abord choquer certaines personnes, j’ai eu beaucoup de commentaires désagréables, mais mon but étant d’inspirer les autres, éventuellement, mes photos ont été perçu de la bonne façon par les bonnes personnes. Il y aura toujours des gens pour juger quand je met en ligne une photo en sous-vêtements, mais cela ne m’importe peu, j’ai détesté ce corps si longtemps, que maintenant, je le célèbre à ma façon. 

Voyant l’effet thérapeutique de la photographie sur moi, sur la façon de percevoir mon corps, j’ai voulu inspirer les femmes autour de moi à ressentir la même chose. 

Voilà, le pourquoi des séances bien-être, voilà la mission derrière ces séances. Célébrer la beauté authentique de chaque femme. Briser le tabou de la nudité, des corps imparfaits selon les standards sociaux, célébrer chaque femme dans sa beauté unique. Chaque corps à son histoire, son passé. Les plus petites commes les plus rondes peuvent ne pas être bien avec leur corps, les troubles de l’image ne sont pas une question de poids ou de taille. 

Je suis tellement touchée de voir l’ampleur qu’a pris ce projet. Plusieurs femmes ont passé devant mon appareil dans les derniers mois, en toute vulnérabilité. Des femmes qui ont poussé leurs limites. Des larmes de joie, des moments sans mots… 

On dit que dans la vie quand une idée ne nous quitte pas, c’est qu’il s’agit de notre mission. 

Ma mission est donc d’inspirer les femmes à croire en leur plein potentiel et célébrer leur beauté inside/out. Et je ne me suis jamais sentie aussi accomplie en tant qu’artiste, en tant que femme. 

Une femme à la fois 💕

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