Le coeur un peu plus léger


Ce matin, je me réveille le cœur un peu plus léger. J'aimerais dire que c'est le temps qui fait que les blessures s'estompent. Mais ce n'est pas le cas.

Dans les derniers jours, j'ai eu à tendre la main.

Je me suis ouverte, j'ai laissé les gens voir ma vulnérabilité, la vrai la personne blessée et épuisée qui se cachait derrière cette force. J'ai déjeuné, dîné, jasé avec des gens autour de moi. J'ai entamé la pause nécessaire, laissant mon orgueil de côté, laissant la peur de décevoir de côté.

J'ai passé du temps seule avec moi même, question de vivre mes émotions, une recommandation de ma psy qui a saisi rapidement mon mode de défense, l'évitement.

Il y a quelques années, j'aurais fuie ma vie, j'aurais pris le large quelques années, trouver une nouvelle vie. J'aurais quitter cette petite ville. Mais, la réalité actuelle est différente. J'ai un ancrage, j'ai trois petites ancres qui me garde solidement en place, qui me rappelle à la routine, à la stabilité.

Alors, je prend la fuite autrement. Je ne prend pas de drogue, peu d'alcool. Je prend la fuite dans l'hyperactivité, dans les projets, dans une vie toujours trop occupé. J'engourdie mes émotions en les laissant de côté, en décidant de les gérer ultérieurement, et en finissant par les laisser dans un petit tiroir indéfiniment. J'ai cette fâcheuse manie de me dissocier de la douleur que je traverse. Je suis celle qui garde le sourire et répond poliment '' ça va''.

Alors cette semaine, j'ai écouté la femme qui m'aide à cheminer et j'ai décidé de rester seule et vivre mes émotions, des émotions refoulées depuis beaucoup trop longtemps. J'ai souffert cette semaine, plus que dans les trois dernières années. J'ai écrit, pleurer, dormi, crier à l'injustice. Je me suis laisser être victime, être faible, être vulnérable. J'ai traversé un moment de colère et d'incompréhension, une combinaison d'émotions qui me bouleversent profondément. Et ce fut, une des semaines les plus difficiles de ma vie. Les émotions m'ont donné la nausée, mal à la tête, de la fatigue, la douleur musculaire... mon être physique en a souffert tout autant que mon psychologique. J'ai peu mangé, peu dormi... J'ai vécu les émotions d'un lourd passé qui s'est étendu à ma vie actuelle, un passé qui est probablement un peu responsable de l'épreuve que je surmonte présentement. En tentant de vivre les émotions de ma rupture récente, j'ai aussi réouvert des plaies que je croyais bien cicatrisées et qui ne l'étaient pas. J'ai réalisé qu'à travers une grossesse vécue seule, l'arrivé d'un bébé, une nouvelle relation et les procédures judiciaires, je n'ai pas pris le temps d'avoir mal. Qui veut avoir mal après tout? Je voulais être forte, en contrôle, me reconstruire et j'y ai mis tout mon énergie. Cela a fonctionné, j'ai survécu. Mais, cette semaine, j'ai eu l'impression d'échoué, de renoué avec de vieux ''pattern'' confortable. Cette semaine, j'ai détesté chacun des centimètres de mon corps, je me suis répété que je ne suis pas suffisante, j'ai contrôlé chaque aliment que j'ai ingérer. Cette semaine, je me suis comparé, j'ai comparé ma vie, j'ai comparé mon cheminement.

Et pour ne pas lâcher prise, ne pas baisser les bras, j'ai eu besoin de moi-même.

Alors, j'ai pris soin de moi. J'ai apprivoisé à nouveaux les mots. J'ai fait du yoga, de la méditation. Je me suis répéter de belles phrases, je me suis rassurer. Je me suis centrer sur moi, sur l'acceptation de cette vie et sur le positif qui en sortira. J'ai souffert cette semaine, des blessures au plus profond de mon être. Alors, j'affronte cette souffrance, cette peine, ces insécurités, car un jour, une autre femme sera à ma place, et j'aime me dire que le partage de mon expérience sera le positif que je pourrai lui apporter.

Le temps aide à prendre conscience de certaines choses, mais il ne guérit pas tout. Parfois, il faut prendre le temps de s'arrêter, de vivre les moments difficiles, de prendre soin de la personne blessée en soi.

Pour libérer nos émotions, il faut les vivres. Cette semaine, j'ai compris la signification de cette phrase.

Demain, ou dans quelques heures, ce sera peut-être différent, mais pour le moment, j'ai le cœur un peu plus léger.

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